L'hommage au peintre Albert Raty, par Roger De Greef
Le dimanche 16 mars 2008 restera frappé d'une marque indélébile pour les amoureux de la peinture et plus particulièrement du peintre de l'Ardenne semoisienne, Albert Raty. En effet, c'est ce jour-là que l'on inaugurait au Quartier d'Art, à Vresse, sous la férule d'Anne-Marie Maziers, la peinture murale réalisée par Roger De Greef, représentant le peintre de Vresse assis en train de croquer un paysage familier de la Semois.
Une centaine de personnes avaient tenu à honorer de leur présence la cérémonie toute de simplicité où l'on reconnaissait des peintres amis, le bourgmestre de Vresse, Bruno Tellier, le commissaire général au Tourisme, Jean-Pierre Lambot, les présidents des maisons du tourisme du Pays de Bouillon et de l'Ardenne namuroise...
Roger De Greef, qui nous vient de Bruxelles, nous a habitué à ses portraits campagnards qu'il a illustrés au village de Monceau en Ardenne, portraits colorés et réalistes, qui ont fait le bonheur des habitants de ce plateau de l'Ardenne occidentale aux sources du ruisseau du Ruaumoulin qui formera plus tard le ruisseau de Vresse.
Aujourd'hui, il a voulu nous donner une image très naturelle du peintre décédé en 1970, voilà près de quarante ans. Son souvenir est perpétué non seulement par ses milliers d'œuvres, mais aussi par les livres qui lui ont été consacrés. Les « vieux » qui l'ont fréquenté reconnaissent parfaitement le visage et les vêtements dont l'artiste se couvrait à longueur d'année pour être à l'abri du vent et des intempéries. Seul dans son monde, il harmonisait les « couleurs du silence » dans une attitude caractéristique, faisant corps avec le paysage qu'il aimait. Il faut reconnaître à Roger De Greef un réel talent pour avoir réussi une composition monochrome qui met en relief tout ce qui caractérisait Albert Raty. Sans difficulté, on peut lire la sûreté du geste du peintre qui, sourd et muet de naissance, est parvenu à dépasser son handicap pour s'offrir à lui, avant de nous offrir à nous, les purs produits de son émerveillement face à la signifiance des courbes semoisiennes si mouvantes, si attirantes, si féminines... On lit sur son visage cette plénitude de l'homme qui se sait aimé parce qu'il a tant aimé ce que nous regardions parfois sans reconnaître la beauté qu'il nous révélait dans ses toiles puissantes, sombres et pourtant si lumineuses, à l'image d'une Ardenne avec laquelle il faisait corps, faite d'eau et de forêt, de campagne et de villages.
Roger De Greef a parfaitement senti le peintre qu'il n'a connu
que par ses œuvres, ses biographies et toute l'aura qui l'a entouré dès avant sa mort. Et il en a donné une image touchante et vraie qui ne manquera pas de frapper tous les amateurs de peinture. De l'Art au Fil de l'Eau, comme aime à le rappeler la dynamique Anne-Marie Maziers, sans qui cette cérémonie n'aurait pu avoir lieu.
Jean-Etienne Hallet.
17 mars 2008
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